
Film de Xavier Giannoli
Date de sortie en France : 18 mars 2026
« Les rayons et les ombres » est le très beau titre choisi par Xavier Giannoli pour son nouveau long-métrage. C’est la vie d’un père et de sa fille adorée (Jean Luchaire, patron de presse et Corinne Luchaire, actrice de cinéma) qui nous est racontée. Leur histoire, tirée de faits réels, sert de support à l’évocation d’une période très sombre de l’Histoire de France, celle de la collaboration. A force d’inconséquence, d’aveuglement et de compromission, Jean et Corinne, comme de nombreux autres français, sont devenus des traitres. Jean Dujardin et la jeune Nastya Golubeva incarnant ce « couple » avec intensité.
L’un comme l’autre ont leur part d’ombre et de lumière. Jean Luchaire est, dans les années 30, une figure du mouvement pacifiste. Directeur de journal, il oeuvre à la bonne entente entre la France et l’Allemagne car « plus jamais ça » est la ligne directrice qui guide sa vie. Sa fille Corinne, quant à elle, perce dans le milieu du cinéma, devient une vedette connue et reconnue… Une grande amitié lie Jean Luchaire à Otto Abetz, futur ambassadeur d’Allemagne en poste à Paris pendant l’Occupation…
Quand la défaite de la France devient une réalité à partir de l’été 40, Jean Luchaire veut coûte que coûte continuer à travailler et à faire vivre son journal. Son amitié avec l’ambassadeur est alors décisive. Elle est synonyme de petits arrangements, de services rendus et de malversations financières. Collaborer avec les nazis apparaît comme évidence pour ce patron de presse en grande difficulté financière. Comme dans « Illusions perdues » (précédent film du réalisateur), la critique du monde journalistique est féroce. Corinne Luchaire, très proche de son père, suit le mouvement et profite elle aussi de tous les avantages et privilèges d’une vie proche des cercles de pouvoir…
Xavier Giannoli signe un film nerveux de plus de trois heures pendant lequel le spectateur ne s’ennuie pas une seconde. Un sentiment de malaise parcourt le film de bout en bout. Que se passe t-il dans la tête des deux protagonistes, qui luttent l’un comme l’autre contre la tuberculose ? Ont-ils des scrupules, ressentent-ils de la honte ? Difficile à dire. Les quatre années d’occupation restent une période difficile à appréhender et à comprendre dans toute leur complexité. « Les rayons et les ombres » est donc un film audacieux et nécessaire.






























