Madre

Source image: cineverse.fr

Film de Rodrigo Sorogoyen

Avec Marta Nieto, Jules Porier, Anne Consigny, Alex Brendemühl

Date de sortie en France : 22 juillet 2020

Un simple appel téléphonique sur un portable et une vie bascule. C’est ce que filme dans un long et impressionnant plan-séquence Rogrigo Sorogoyen pour la scène d’ouverture de son nouveau film « Madre ». C’est la vie d’Elena, mère d’un petit garçon de six ans, dont il est question. Ce dernier l’appelle car il est seul et perdu sur une plage quelque part en France ou en Espagne, visiblement abandonné par son père qui l’a pourtant emmené avec lui en vacances. Il est en danger. Elena essaye de rassurer et de comprendre la situation mais c’est surtout l’impuissance qui prédomine. Puis vient l’angoisse étouffante et poignante.

Dix ans plus tard, Elena est serveuse dans un restaurant de bord de mer, à Vieux-Boucau dans les Landes. Elle s’y est installée depuis la disparition de son fils. Un nouvel homme partage sa vie. Il est plein d’amour et de compréhension et fait ce qu’il peut pour l’accompagner patiemment dans sa quête d’apaisement. Mais Elena est, semble t-il, toujours à la recherche du fils disparu. Le deuil n’est pas fait, et comment pourrait-il l’être? Sa tristesse est inconsolable malgré les années qui passent.

Intervient alors le personnage de Jean, jeune vacancier de 16 ans avec qui Elena va entretenir une relation ambiguë. Il a l’âge que devrait avoir son fils. Il est en pleine adolescence et teste avec candeur et naïveté son pouvoir de séduction. De son côté, Elena agit de façon surprenante en ne mettant pas beaucoup de limites à l’enthousiasme du jeune homme. Par ailleurs, elle le materne, apprécie de le voir évoluer en passant du temps avec lui. Le spectateur comprend que sa souffrance, encore à vif et non digérée, la fait agir de façon inappropriée. Le film est ainsi troublant et parfois dérangeant car le personnage d’Elena est souvent mutique et ses agissements paraissent mystérieux. Une scène résume bien ce malaise : la mère de Jean, jouée par Anne Consigny, vient boire un café dans son restaurant. Innocemment et sans agressivité, elle demande des comptes à Elena. Son comportement est-il responsable ?

Au bout du chemin, une forme de résilience. L’actrice Marta Nieto, bouleversante dans le rôle d’Elena, est à la hauteur du sujet. Car c’est bien le thème central que Rodrigo Sorogoyen veut aborder. Quels chemins tortueux faut-il parfois emprunter pour venir à bout de tourments que l’on croit éternels?

Eté 85

Film de François Ozon

Avec Félix Lefebvre, Benjamin Voisin, Philippine Velge

Date de sortie en France : 15 juillet 2020

Été 85, une station balnéaire normande… Dans une reconstitution soignée, François Ozon met en scène la rencontre de deux personnages que tout oppose : Alexis, 16 ans, est sérieux, rationnel, cérébral alors que David, à peine plus âgé que lui, est spontané, fonceur, irréfléchi. Des contraires qui s’attirent irrésistiblement. David exerce une fascination certaine sur Alexis grâce à son aisance relationnelle, son charme. Il sait donner de l’affection sans compter, fait tout pour séduire son nouvel ami. Une histoire d’amour naît et Ozon filme parfaitement ces moments de bonheur simples et purs que procurent les premiers amours, où l’on apprend tout l’un de l’autre, où tout est découverte et enchantement.

Alexis est un personnage touchant. Malgré ses doutes, il se frotte au réel. Il met ses peurs au placard, quitte à en souffrir. Il fait son expérience, vit intensément la joie puis la tristesse. Il grandit (il échappe au cadre trop resserré de la cellule familiale), se construit au contact de ce David qui révèle assez vite sa part sombre, beaucoup moins séduisante. Car David fait du bien à son compagnon, mais aussi du mal. Mais comment ne pas succomber, comment se protéger quand tout est nouveau? Sur son chemin il fait une autre rencontre importante : Kate, jeune fille au pair anglaise, est la confidente compréhensive et patiente dont il a besoin pour avancer.

Eté 85 est donc le récit d’un apprentissage, en accéléré. Vivre et grandir, c’est accepter de faire des erreurs, d’expérimenter la douleur de la perte, de se relever de ses échecs. Et aimer une personne, c’est la considérer pour ce qu’elle est réellement, et non pas chérir l’idée que l’on s’en fait. Alexis apprend ainsi à de méfier des histoires qu’il se raconte, des fantasmes illusoires. Il parvient à « échapper à son histoire » comme il le théorise si justement.

Cette histoire fulgurante est mise en scène de façon habile par François Ozon qui parvient tout au long du film à distiller du suspense autour du destin des deux protagonistes. Tous les personnages sont interprétés de façon très juste : Valéria Bruni-Tedeschi, mère de David, interprète formidablement l’exubérance et la toxicité. Isabelle Nanty et Laurent Fernandez, parents d’Alexis, sont au contraire tout en retenue face à l’évolution de leur fils. Ils acceptent ses choix et l’affection discrète qu’ils lui témoignent est émouvante. Le charme du film tient aussi à cette description subtile de milieux sociaux différents dans lesquels les sentiments ne s’expriment pas de la même manière.

Il est des hommes qui se perdront toujours

Rebecca Lighieri / Editions P.O.L

Peut-on guérir de son enfance ?

Années 80, quartiers Nord de Marseille. Karel, Hendricka, Mohand grandissent dans un huis-clos familial étouffant imposé par leurs parents. La figure du père est centrale. Karl Claeys fait régner la terreur, use de violence verbale et physique avec une perversité accrue pour le petit dernier, Mohand, né avec de multiples handicaps. Tel est le décor d’une enfance gâchée et meurtrie. On ne vit pas, on survit. Les manques sont criants, l’absence de considération, d’affection, d’amour laissent des traces.

Échapper à ce vase clos mortifère, vivre sa vie malgré tout, chercher un peu de bonheur… Le destin de ces trois enfants cabossés nous est décrit en un peu moins de 400 pages. Au fil des chapitres, ils vivent leur adolescence tant bien que mal puis deviennent adultes, saisissent (ou pas) les opportunités, font des choix… Mais que faire de cette violence accumulée, de toute la rancœur qui peine à s’apaiser ? Karel pense trouver une forme de consolation en s’investissant pleinement dans le couple qu’il forme avec « sa petite amoureuse », Shayenne, premier amour qui naît dans le camp de gitans qui jouxte la Cité. Hendricka, dont la beauté stupéfiante est un atout certain, parvient à faire du cinéma, à intégrer le star-system, ce qui lui permet de partir loin et se s’inventer une vie différente. Mohand, lui, malgré les infirmités et les souffrances du corps qu’il subit régulièrement, se fait un nom dans le quartier, verse dans les petits trafics.

Rebecca Lighieri ne ménage pas le lecteur. La noirceur est omniprésente. Elle se concentre sur le personnage de Karel qui sombre malgré tous ses efforts pour vivre une vie qu’il souhaiterait, sans doute, « normale ». La fatalité de la violence semble être indépassable. Les entraves de ce personnage en quête d’apaisement, de tranquillité d’esprit semblent être plus fortes que tout.

A la fin de ce roman, le lecteur est secoué, éprouvé. On pourrait trouver que certaines scènes sont caricaturales ou penser que l’autrice force le trait, exagère. Mais la réalité dépasse souvent la fiction et le drame de l’enfance maltraitée est encore et toujours d’actualité. Même sous le soleil de Marseille, la misère affective est un fléau et ce roman en décrit les dégâts de façon implacable.

Lumières d’automne Journal VI 1993-1996 Charles Juliet

« Écrire pour panser mes blessures. Ne pas rester prisonnier de ce qui a fracturé mon enfance »

« Écrire pour produire la lumière dont j’ai besoin »

« J’aime les mots (…). Mais je les tiens en suspicion. (…) ils ne doivent pas s’écouler de l’intellect, du savoir, de la culture, mais monter du tréfonds, naître de cette région du préverbal où se mêlent sensations, émotions, profuse richesse du magma intérieur »

« Détrôner l’égo »

« C’est le propre de l’homme d’agiter des idées, de se poser des problèmes qui n’ont aucune réalité! Le seul vrai problème auquel chacun ait à donner une réponse est d’ordre moral: suis-je capable de respecter autrui? Suis-je capable de le traiter en égal? Suis-je capable de ne pas vouloir l’exploiter, que ce soit psychologiquement ou économiquement? »

« Le livre est un diffuseur de vie. Il m’offre ce bonheur incomparable de pénétrer dans un univers différent du mien, de devenir l’intime d’un inconnu, d’accéder à une autre façon de percevoir le monde , de goûter aux êtres et à la vie »

« La pire des solitudes, c’est d’être coupé de soi-même, c’est vivre dans l’ignorance de ce qui nous gouverne, c’est ne rien comprendre à ce que nous sommes »

Le Journal de Charles Juliet est le témoignage au long cour d’une aventure intérieure. Le récit d’une seconde naissance ou l’adhésion à soi-même devient une réalité.

Le Théâtre de Sabbath Philip Roth

Mickey Sabbath, marionnettiste de son état, est le héros hauts en couleurs du roman de Philip Roth paru en 1995 intitulé « Le Théâtre de Sabbath » (Sabbath’s Theater). C’est un personnage provocateur, excessif, antipathique parfois, touchant aussi, dominé par la recherche incessante du plaisir, essentiellement sexuel. La libido masculine, thème récurrent dans l’œuvre de Roth, est présentée comme le moteur (universel?) des choix de vie d’un homme qui se plaît à se présenter comme un raté.

C’est aussi un personnage blessé. Son frère aîné Morty meurt en 1944 à 20 ans dans le ciel des Philippines lors des derniers soubresauts de la Deuxième Guerre Mondiale. Déflagration dans la famille du jeune Mickey, la tristesse est inconsolable. Dès 16-17 ans, le héros commence sa vie d’errance, loin de souvenirs trop douloureux. Ce sera la marine, les ports, les prostituées. Rome où il apprend son métier. Puis New-York, le théâtre, les spectacles de rue… Vivre à tout prix, vivre dans l’excès, tel est son credo. Sabbath aime se mettre en scène, provoquer et se retrouve ainsi souvent dans des situations impossibles. Dans l’Amérique puritaine qu’étrille si bien l’auteur, les scandales (sexuels) sont inévitables. La longue dégringolade commence. Figure honnie, il s’exile et quitte les lumières de la ville pour une bourgade de Nouvelle-Angleterre… Dans ce mouvement, on découvre Nikki, actrice et première épouse qui disparaît mystérieusement, Drenka, la maîtresse sensuelle et inépuisable, Roseanna, la compagne alcoolique, Norman et Michelle, couple d’amis new-yorkais dont Mickey perce les secrets, Fish, le grand oncle centenaire qui a la mémoire qui flanche,…

Le roman est brillant dans sa construction qui mêle sans cesse passé et présent. Grâce au style nerveux qu’on lui connaît, Roth rend attachant ce héros vieillissant et paumé qui fait le bilan d’une vie hantée par les deuils impossibles, par les fantômes des êtres chers (celui de sa mère vient le visiter pendant ses ébats adultérins). Continuer à vivre malgré tout? Poursuivre le combat malgré les échecs, les épreuves? Mickey Sabbath réfléchit à la mort, se laisse aller vers elle, mais la mort veut-elle de Mickey Sabbath?

Séjour dans les Monts Fuchun

Film de Gu Xiaogang

Avec Qian Youfa, Wang Fengjuan, Sun Zhangjian

Date de sortie en France: 1er janvier 2020

La famille est le thème universel choisi par le très talentueux Gu Xiaogang pour son premier film intitulé « Séjour dans les Monts Fuchun ». Dans la famille des héros de ce film apparaissent des difficultés et des questionnements auxquels il faut faire face: la maladie de l’aïeul qui crée une situation de dépendance, les conflits entre frères, l’entrée dans l’âge adulte des enfants devenus grands… Le spectateur ressent ainsi une grande proximité pour tous les personnages confrontés, quelque soit leur âge ou leur place dans la famille, aux difficultés de l’existence.

Le film est aussi politique quand il montre à quel point la société chinoise s’est occidentalisée. Il est question de maison de retraite pour la grand-mère diminuée, alors que la tradition voudrait qu’elle reste auprès de l’un de ses fils, au nombre de quatre. De même, le mariage de la fille de l’aîné de la famille pose problème car elle refuse de se plier au refus de sa mère de la voir s’unir avec un enseignant, aux ressources financières jugées trop faibles. Le poids de la tradition, le désir d’émancipation, la volonté d’indépendance des jeunes générations, autant de thèmes abordés avec beaucoup de finesse.

Comme dans toutes les familles, les conflits existent. L’un des quatre frères est un escroc, il gagne son argent de façon illégale et ses inconséquences ont des répercussions graves. A l’instar de sa nièce dont il est proche, il est en rupture. Il s’éloigne un temps avec son fils handicapé. Mais l’amour est là qui rend la réconciliation possible.

Le film est marquant par sa maîtrise formelle. De longs et impressionnants plans-séquences subliment la nature toujours présente dans ce coin de Chine malgré l’urbanisation et la modernisation de l’habitat. Les saisons défilent, le temps passe de façon inexorable. Ces plans d’une grande beauté resteront longtemps dans la mémoire du spectateur.

Top 10 cinéma 2010-2019

Dix grandes émotions ressenties dans les salles obscures ces dix dernières années…

1- Winter Sleep de Nuri Bilge Ceylan Envoûtant

2- Faute d’amour de Andreï Zviaguintzev Glaçant

3- Au delà des montagnes de Jia Zhangke Bouleversant

4- Une affaire de famille de Hirokazu Kore-eda Bouleversant bis

5- Le Poirier sauvage de Nuri Bilge Ceylan Grandiose

6- Mektoub, my love: canto uno de Abdellatif Kechiche Solaire

7- Birdman de Alejandro Gonzales Inarritu Osé

8- Laurence Anyways de Xavier Dolan Coup de maître

9- 120 battements par minute de Robin Campillo Coup de poing (dans le cœur)

10- Deux jours, une nuit de Luc et Jean-Pierre Dardenne Déchirant

Et d’autres films adorés… Boyhood, Le Passé, Les délices de Tokyo, Aquarius, Pour Sama, Julieta…

Top 10 cinéma 2019!

Quelles sont les pépites cinématographiques marquantes de l’année 2019 qui s’achève?

1- So long, my son

2- Pour Sama

3- Once upon a time in Hollywood

4- Parasite

5- Le jeune Ahmed

6- Roubaix, une lumière

7- Grâce à Dieu

8- Ma vie avec John F. Donovan

9- Le daim

10- Sybil

Et quelques films à voir: J’accuse, Le Traître, Hors normes

Un jour de pluie à New York

Affiche du film (source: https://cinedweller.com )

Film de Woody Allen

Avec Timothée Chalamet, Elle Fanning, Selena Gomez, Jude Law

Date de sortie en France: 18 septembre 2019

Ashleigh (Elle Fanning), apprentie journaliste à l’université de Yardley, décroche l’interview d’un cinéaste qu’elle admire. Elle doit se rendre à Manhattan et embarque avec elle son fiancé Gatsby (Timothée Chalamet). Celui-ci est enchanté de pouvoir faire découvrir tous les endroits qu’il affectionne dans cette ville où il a grandi et où il a tous ses repères. Mais très vite, les événements auront raison du programme romantique imaginé par le jeune homme. Ashleigh, débordante d’énergie et un brin naïve, va vivre une journée insensée qui ira au delà de toutes ses attentes au gré de péripéties imprévues et inespérées. Son compagnon, désœuvré, aura lui aussi son lot de rencontres inattendues (avec un ancien camarade de lycée, la sœur d’une ancienne petite amie, une escort girl…). Le personnage de Gatsby est particulièrement intéressant. Sorte de double du réalisateur, il vit à une époque qui ne lui convient pas, ses goûts le portent vers des univers qui semblent dépassés… Le décalage entre les deux protagonistes va devenir de plus en plus flagrant à mesure que se déploie l’intrigue.

Le charme indéniable du film tient en bonne partie à la mise-en-scène très fluide que propose Woody Allen. Aux averses récurrentes qui surprennent les personnages succèdent des rayons de soleil magnifiquement mis en lumière. Dans ce New York sublimé, les personnages sont sans cesse bousculés par les événements dans une succession de scènes réjouissantes. Quelques dialogues d’anthologie parsèment le film, notamment celui entre Gatsby et sa mère. Cette dernière prend acte de la nouvelle maturité de son fils et lui dévoile une partie très surprenante de sa vie longtemps gardée secrète…

New York, la ville de tous les possibles pour quiconque se laisse porter par les événements, les rencontres. Tel semble être le message du film. Le temps de cette journée pluvieuse, Ashleigh et Gatsby se sont confrontés à cette délicieuse possibilité de voir leur vie être bouleversée et leur destin se réaliser.

Paris romantique, 1815-1848

Portrait d’Eugène Sue par François-Gabriel Lépaule (1835)

Paris romantique, 1815-1848

Exposition au Petit Palais du 22 mai 2019 au 15 septembre 2019

Hector Berlioz, Paul de Kock, George Sand, Eugène Delacroix, Victor Hugo, Charles Nodier, Honoré Daumier, Eugène Sue… Tous ces noms célèbres ont marqué la première partie du XIXème siècle. L’exposition « Paris romantique, 1815-1848 » évoque ce foisonnement artistique intense en proposant au visiteur une déambulation dans différents quartiers emblématiques de la capitale.

C’est une période de bouleversements politiques: la fin de l’Empire, la Restauration de la Monarchie, les révolutions de 1830 et de 1848. Paris est au cœur des événements et jouit d’un prestige considérable. La vie artistique se déploie dans les salons littéraires, dans les cafés, dans les théâtres. Huit quartiers ou monuments de ce Paris romantique font l’objet d’une attention particulière : Le Palais des Tuileries, Le Palais Royal, Le Louvre (et son célèbre Salon), Notre-Dame, le Quartier Latin, la Chaussée d’Antin et la Nouvelle Athènes, Les Grands Boulevards. D’une salle à l’autre, le visiteur est frappé par la richesse et la diversité de la production artistique de l’époque. La partie consacrée au Palais Royal est particulièrement intéressante. Ce lieu est véritablement l’épicentre de la vie parisienne. C’est un lieu de sociabilité très couru où l’on vient se restaurer dans les premiers cafés et restaurants célèbres (Véfour, Véry). C’est aussi un lieu de perdition voué au jeu et à la prostitution. L’exposition en propose une reconstitution ludique en récréant les devantures de différentes boutiques où l’on venait acheter le dernier vêtement ou accessoire à la mode (canne, chapeau, gilet…). La figure du dandy parisien y est mise en valeur. On découvre par exemple le portrait du jeune Eugène Sue par Gabriel Lépaule. Avant de devenir le célèbre auteur des Mystères de Paris, il mène une vie excentrique et dispendieuse dans ses jeunes années.

Autre lieu emblématique de ces années: Le Louvre et son célèbre Salon. Le Salon est, depuis le XVIIème siècle, un événement majeur de la vie artistique parisienne où sont exposées les œuvres d’art contemporain. C’est là qu’émergent des figures importantes du mouvement romantique français: Chasseriau, Géricault, Nanteuil, Coignet, Cibot, Delaroche,… Parmi les œuvres importantes exposées on retient notamment le « Roland furieux » de Du Seigneur ou « Les convulsionnaires de Tanger » de Delacroix.

Le visiteur est invité à visiter le quartier de Notre Dame. Le goût de l’époque médiévale est une caractéristique de cette époque . Victor Hugo y contribue en publiant son roman le plus célèbre « Notre Dame de Paris » dont les personnages célèbres marquent durablement la mémoire. Les théâtres parisiens sont aussi mis à l’honneur: l’Ambigu-Comique, le Théâtre Funambule, le théâtre des Délassements-Comiques… L’agitation est permanente sur le « boulevard du Crime », nom donné au XIXème siècle au boulevard du Temple. Les tableaux d’actrices célèbres (Mademoiselle Mars) ou des demi-mondaines et courtisanes en vue à l’époque (Olympe Pellisier, Marie Duplessis) contribuent aussi à rendre familier cette époque passionnante.