De Mishima à Freud…

Première lecture de Mishima : coup de coeur ! On pénètre dans la psyché torturée d’un homme qui lutte contre ses désirs. L’histoire de l’après guerre au Japon, en filigrane, est passionnante…

Rachel Cusk explore l’âme de ses personnages avec férocité, aborde le thème de la création artistique avec beaucoup de justesse. La narratrice est elle-même romancière…

J’ai aussi beaucoup aimé « Contrecoup »

Le personnage principal de cette histoire est une femme au comportement fantasque passionnée d’astrologie que beaucoup considèrent comme folle… Elle vit isolée dans un village perdu aux confins de la Pologne et de la Tchéquie. Plusieurs événements mystérieux viennent perturber son quotidien. Pas totalement convainquant pour moi mais original.

Isabelle Pandazopoulos nous parle d’Anna Freud, la fille de Sigmund. Entre Vienne, Londres, Berlin, la vie d’Anna avec ses tourments, ses joies, ses réussites et ses échecs nous est contée avec beaucoup de talent. Pour ceux et celles qui s’intéressent à la psychanalyse, c’est un roman qui se dévore, très bien construit, écrit avec style.

Miséricorde

Film d’Alain Guiraudie

Avec Catherine Frot, Félix Kysyl, Jean-Baptiste Durand

Date de sortie en France : 16 octobre 2024

Le nouveau film d’Alain Guiraudie est une pépite ! Très difficile d’en parler car il serait dommage de gâcher toutes les surprises du scénario. J’envie les futurs spectateurs qui, je l’espère, se laisseront envoûter par le charme inquiétant du personnage principal (Jérémie) magnifiquement interprété par un acteur encore peu connu Félix Kysyl.

Tout se passe à la campagne, dans un petit village dans les environs de Millau. C’est l’automne. A l’occasion de l’enterrement du boulanger, sa veuve Martine (Catherine Frot, toujours aussi parfaite) reçoit chez elle un ancien employé, Jérémie, qui a bien connu le défunt. De fil en aiguille, le nouveau venu s’installe et s’incruste. Le fils de Martine, Vincent, qui a connu Jérémie au temps du collège, en prend ombrage…

Tout est question d’atmosphère. Alain Guiraudie excelle à brouiller les pistes, à laisser beaucoup de questions sans réponses. Le spectateur ressent petit à petit un certain malaise. Le village souvent vide, les habitants à l’allure parfois inquiétante, les routes de campagne, la pluie… Tout est magnifiquement orchestré. Le film est captivant en même temps qu’assez angoissant. Malgré tout, le réalisateur parvient aussi à faire sourire… Petits moments de décompression.

J’ai complètement adoré ce film qui aborde finement les notions de désir, de morale, d’interdit… Une de mes plus grandes émotions au cinéma depuis longtemps. J’avais déjà été fasciné par un précédent film d’Alain Guiraudie « L’inconnu du lac ».

Tôkyô-Bohème

Quel joli titre que « Tôkyô-Bohème ». Aperçu en librairie, le livre de Philippe Pons m’a d’abord attiré par cet étonnant rapprochement (dans mon esprit en tout cas). La capitale japonaise, endroit que je rêve de visiter un jour, n’est pas associée pour moi à l’idée de bohème mais plutôt à certains poncifs accolés aux grandes mégalopoles : le bruit, le stress, les quartiers d’affaires sans âme… Le regard d’un spécialiste du Japon, qui a vécu de nombreuses années dans ce pays, m’intéresse donc beaucoup.

La lecture du livre est très enrichissante. Je n’ai pas été déçu par le voyage que propose Philippe Pons. L’ouvrage est truffé de références culturelles qui témoignent d’une grande connaissance et d’un intérêt profond pour le Japon. Il est question d’anthropologie, d’histoire, d’architecture, de littérature, de cinéma… L’auteur, plus prosaïquement, nous fait visiter le Tôkyô qu’il aime (ou qu’il a aimé) : les venelles où il est possible de trouver un peu de calme et d’échapper à la pression de la capitale, les quartiers mythiques tels Asakusa ou Shinjuku qui ont bien changés depuis les années 70, les clubs de jazz, les cafés et restaurants divers et variés… Philippe Pons en profite pour dresser le portrait des personnes qui ont croisées son chemin dans les mille et uns lieux fréquentés depuis toutes ces années. Nous faisons la connaissance d’écrivains, de tenancières de bars, de chanteuses mais aussi de simples tokyoïtes perdus dans la nuit…

Malgré la tonalité nostalgique qui se dégage du livre – le constat est amer sur l’enlaidissement de la ville, sur sa constante métamorphose, pour le meilleur et pour le pire – j’espère plus que jamais avoir la chance de me rendre un jour au Japon et à Tôkyô en particulier. J’ai envie de lire Mishima et de découvrir le quartier Nichôme (le quartier gay), d’assister à un spectacle de théâtre japonais (j’ai découvert grâce au livre le taishû engeki, un théâtre de troupe, ambulant), de me réfugier dans une des innombrables ruelles de la capitale , de déambuler dans le Tôkyô de la nuit, si bien décrit par l’auteur, où les conventions sociales et les normes de la vie diurne deviennent un peu moins pesantes…

L’ouvrage « Tôkyô-Bohème » est une mine d’or. L’auteur est généreux et son regard singulier offre une alternative bienvenue aux guides touristiques souvent trop formatés. Il y est question à plusieurs reprises des Jeux Olympiques de 2021, de la pandémie de Covid-19, deux « événements » qui ont eu un impact fort sur la ville. L’ouvrage offre une analyse personnelle sur le passé de la ville et son histoire mais nous raconte aussi son actualité la plus récente. Une très belle lecture donc.

Si peu

Les éditions P.O.L font paraître un livre en cette rentrée littéraire 2024 dont la lecture restera longtemps gravée dans ma mémoire. « Si peu » (« Tanto poco ») est le titre français de ce roman italien que j’ai trouvé magistral. Marco Lodoli, en moins de 150 pages, met le lecteur dans la peau et dans dans le coeur d’une femme éperdument amoureuse. C’est un amour qui n’est pas payé de retour, à sens unique. Impossible. Imaginaire ?

Tout se passe à Rome. Un jeune professeur est nommé dans une école. Il est accueilli par la concierge de l’établissement qui le prend pour un élève… L’ambiguïté est, dès le départ au coeur, de leur lien. Cette femme va nourrir une passion secrète pour cet homme qu’elle côtoie pendant des décennies. Un amour pur, selon elle, qu’elle assume jusqu’au bout.

La lecture de cette histoire est parfois dérangeante mais en même temps très touchante. Cette femme amoureuse nous émeut car elle décrit l’évidence de son attachement avec beaucoup de force. Elle aime, semble t-il, sans rien attendre en retour. Elle veille de loin sur « son homme », veut le protéger, croit se sentir indispensable. Le comportement de cette femme est mystérieux, incompréhensible peut-être. L’amour fou, par définition, est-il compréhensible ? Rentre-il dans un cadre ? « Si peu » est en tout cas un très beau récit, le condensé d’une vie peu commune.

« Mais moi, j’ai toujours été au même endroit, immobile, racine piquée dans une dévotion qui est peut-être de l’amour ou peut-être simplement de la peur. »

Repérages rentrée littéraire 2024 !

J’adore cette période, fin août, pendant laquelle les éditeurs mettent en avant leurs nouveautés. La presse commence à donner ses coups de coeur. Je regarde à droite à gauche et sélectionne quelques titres qui pourraient m’intéresser…. et vous aussi j’espère.

Le club des enfants perdus de Rebecca Lighieri (P.O.L)

J’avais été bluffé par la noirceur d’un précédent livre de cette autrice intitulé « Il est des hommes qui se perdront toujours ». La noirceur semble toujours au rendez-vous de ce nouveau roman qui fait entrer le lecteur à l’intérieur d’une famille dysfonctionnelle en flirtant avec le surnaturel.

Bien-être de Nathan Hill (Gallimard)

Un gros roman de 688 pages qui décrit une histoire d’amour sur plus de vingt années. J’aime la littérature américaine et j’ai envie de découvrir cet auteur.

Blackouts de Justin Torres (L’Olivier)

« Un homme de 27 ans d’origine portoricaine nous raconte une histoire. Celle de son ami Juan et d’un livre retrouvé. Celle d’un passé réduit au silence. Celle d’un temps pas si lointain où l’homosexualité était considérée comme une maladie. »… Le résumé m’intéresse. La forme est originale puisqu’elle mêle fiction et documents réels.

Histoire d’une domestication de Camilla Sosa Villada (Métailié)

Le titre est intriguant. En lisant la quatrième de couverture, on apprend qu’il est question d’amour, de famille, de théâtre…

Mille images de Jérémie de Clement Ribes (Verticales)

Un livre fait de fragments pour décrire une histoire d’amour, son mystère. Connait-on vraiment l’être aimé ?

La petite soeur de Mariana Enriquez (Editions du sous-sol)

Le portrait de l’écrivaine argentine Silvana Ocampo. Mariana Enriquez veut redonner ses lettres de noblesse à cette femme discrète dont la notoriété est restée dans l’ombre de ses acolytes masculins (Borges notamment).

S’aimer dans la grande ville de Sang Young Park (La Croisée)

Un jeune homme homosexuel tente de trouver sa place dans la société coréenne encore très archaïque sur la question des moeurs. Cela m’intéresse de découvrir ce roman qui a eu un grand succès dans son pays.

Santosh

Film de Sandhya Suri

Avec Shahana Goswami, Sunita Rajwar

Date de sortie en France : 17 juillet 2024

L’Inde est un pays qui (me) fascine. Le beau film de Sandhya Suri « Santosh » permet aux spectateurs européens que nous sommes d’enrichir notre connaissance de ce pays qui souvent nous désarçonne par sa complexité. Plusieurs sujets sont abordés avec beaucoup de subtilité. Il est question du sort des dalits (les intouchables), des violences sexuelles à l’encontre des femmes, des tensions entre communautés religieuses… Sans se montrer didactique, la réalisatrice brosse un portrait très actuel et convainquant de l’Inde d’aujourd’hui.

Santosh est une jeune femme tout récemment veuve. Son mari était policier et il est mort dans l’exercice de ses fonctions. En vertu d’un décret gouvernemental, elle hérite du poste du défunt et devient donc apprentie policière. A travers son regard, nous découvrons les us et coutumes encore en vigueur de nos jours : la corruption, l’usage de la violence, les discriminations à l’encontre des « basses castes ». Le portrait n’est pas reluisant.

Santosh est une femme courageuse, très attachante. Entrer dans la police est une chance pour elle. Elle acquiert une forme d’autonomie même si la misogynie de certains de ses collègues est évidemment sous-jacente. Une rencontre essentielle a lieu car son unité est dirigée par une femme, Sharma. C’est un personnage très intéressant, complexe, sombre par bien des aspects. Elle prend Santosh sous son aile, la forme, lui donne des conseils… Une des questions que pose le film est la suivante : jusqu’où peut-on ou doit-on aller pour survivre dans la police quand on est une femme ?

L’actrice principale, Shahana Goswami, est l’un des atouts majeurs du film. Ses yeux expriment beaucoup de choses : son incompréhension, ses doutes, sa révolte… Le film est parfois dur, âpre, violent mais le calme et la douceur de Santosh apportent un contrepoint qui évite au film de tomber dans la caricature. Coup de coeur !

Le monde d’hier / Le nom sur le mur

Des lectures se font parfois écho, étrangement. J’ai lu tout récemment un livre de Stefan Zweig et un livre de Hervé Le Tellier, deux auteurs qui n’ont a priori que peu de choses en commun. « Le monde d’hier » et « Le nom sur le mur » sont des livres très différents par bien des aspects mais des thématiques communes les rapprochent pourtant. Zweig et Le Tellier nous parlent tous deux du XXème siècle, de la guerre, de la résistance face au fascisme.

« Le monde d’hier » est un livre passionnant. Zweig écrit cette autobiographie au crépuscule de sa vie, en 1941. Il est en exil, désespéré par la violence insensée de la guerre qui meurtrit à nouveau l’Europe. Il a connu la Guerre 14-18 et pensait, comme beaucoup de gens de sa génération, que des leçons avaient été tirées du cataclysme qu’avait représenté ce premier conflit mondial. Mais la folie d’un homme et l’aveuglement des autres ont fait basculé le monde à nouveau dans l’horreur. Les dernières pages du livre expliquent avec beaucoup de détails les différentes étapes qui ont permis l’arrivée au pouvoir d’Hitler. Zweig est affligé. Son désespoir d’alors contraste avec une vie faite de rencontres. Son existence a été consacrée à l’écriture. Il a, de son vivant, obtenu la reconnaissance, été lu dans le monde entier. Tout au long du livre, il fait l’éloge du cosmopolitisme, dénonce l’idée de frontière. Il exècre le concept de nationalisme et reste fidèle à l’état d’esprit très ouvert de la Vienne de sa jeunesse. C’est un partisan acharné de la paix et de la tolérance qui constate amèrement l’échec de son combat.

L’ambition du livre de Hervé Le Tellier est moindre. Son livre « Le nom sur le mur » retrace la courte vie d’un résistant André Chaix, mort au combat à 20 ans en 1944. La violence de la guerre, ce sont ces innombrables destins brisés, souvent anonymes. Ce livre-enquête, à partir d’archives parcellaires, entend mettre la lumière sur le choix de vie d’un homme qui, comme beaucoup d’autres, a mis son égoïsme et son confort de côté afin de s’engager dans un combat très dangereux. Il est question de courage bien sûr, de lutte collective, d’abnégation… S’agit-il d’un choix véritable ou d’un destin qui bascule sans que l’on sache vraiment pourquoi ? La question reste en suspens. Ce livre nous rappelle le combat pour les valeurs humanistes n’est jamais clos, que les périls demeurent. Un lecture importante donc.

Trois kilomètres jusqu’à la fin du monde

Film de Emanuel Parvu

Avec Bogdan Dumitrache, Ciprian Chiujdea, Laura Vasiliu

Date de sortie en France : 16 octobre 2024

J’ai eu la chance de voir en avant-première un film de la sélection officielle du dernier Festival de Cannes au titre énigmatique : « Trois kilomètres jusqu’à la fin du monde » . Aucun indice sur l’intrigue à part le reflet dans un miroir d’un homme au visage tuméfié.

L’histoire se déroule en Roumanie, dans la région du delta du Danube. Le soleil, le vent, la mer non loin… Les couleurs sont chaudes. Le spectateur prend beaucoup de plaisir à découvrir ce coin perdu et paradisiaque. Adi, le personnage principal, est un jeune homme de 17 ans de passage chez ses parents pour l’été. Une nuit, tout bascule. Une violente agression a lieu.

La violence est l’un des sujets principaux du film. La violence physique mais aussi, et surtout, la violence symbolique. La violence des préjugés, la violence du rejet, la violence des traditions archaïques et éculées… Difficile d’en dire beaucoup plus. Je veux laisser à chacun le plaisir de découvrir de quoi il est question.

La beauté du film réside dans le contraste entre cette violence omniprésente et la douceur des paysages. La nature est très présente et elle est magnifique. Toutefois, le spectateur ressent très vite, à l’instar du personnage principal, à quel point vivre loin de tout, de la ville, peut-être quelque chose d’étouffant. L’envie d’un ailleurs et d’une vie différente traverse tout le film et c’est émouvant.

Rendez-vous en octobre dans les salles pour découvrir ce film très réussi.

Le serment de Pamfir

Film de Dmytro Sukholytyy-Sobchuk

Avec Oleksandr Yatsentyuk, Stanislav Potiak

Date de sortie en France : 2 novembre 2022

Une fois n’est pas coutume, c’est un film vu à la maison (en DVD) dont j’ai envie de parler. Et d’en faire l’éloge ! « Le serment de Pamfir » est un premier film, celui du cinéaste ukrainien Dmytro Sukholytyy-Sobchuk. Le jury cannois en 2022 l’a justement récompensé en lui attribuant la Caméra d’or. C’est amplement mérité tant le film impressionne. Récit passionnant et beauté visuelle de chaque instant… C’est un coup de maître.

Ouest de l’Ukraine, à la frontière avec la Roumanie. Leonid, surnommé Pamfir, est de retour auprès de sa femme et de son fils après une absence prolongée à l’étranger. Il est parti pour le travail car peu de perspectives professionnelles s’offrent à lui dans le village où il a grandi. Son fils adolescent, Nazar, est fou de joie de retrouver son père qui lui manque cruellement, d’autant plus que Leonid n’est pas certain de rester très longtemps. Malheureusement, le fils commet un acte qui va avoir de lourdes conséquences sur la famille. Leonid / Pamfir est alors contraint, pour gagner de l’argent rapidement, de renouer avec la pratique de la contrebande qui faisait pourtant partie du passé…

Le film est une plongée en immersion. On découvre avec ravissement un coin d’Ukraine bucolique et verdoyant, une famille attachante, des rites villageois pittoresques (le carnaval). C’est aussi un monde violent, dangereux, étouffant. Le contraste est saisissant entre joie de vivre et noirceur qui alternent sans cesse… Une beauté rare se dégage de ce film grâce à de nombreux plans-séquences absolument somptueux. La prestation d’Oleksandr Yatsentyuk en Pamfir est aussi remarquable. Hâte de découvrir un nouveau film de ce réalisateur très prometteur.

Une rétrospective

« Volver la vista atras », tel est le titre original du livre de Juan Gabriel Vásquez sorti en 2020 (édité en français en 2022 aux éditions du Seuil). Le titre français fait directement référence au vocabulaire du cinéma. Le héros du roman est effectivement cinéaste. Il a réellement existé et s’appelle Sergio Cabrera. En 2016, une rétrospective de ses films est organisée à la Cinémathèque de Barcelone. Tel est le point de départ de ce livre touffu qui, beaucoup plus que simplement retracer la carrière artistique de ce réalisateur, revient sur sa vie incroyablement romanesque.

Sergio Cabrera fait partie d’une famille qui a été pleinement impliquée dans plusieurs événements majeurs du XXème siècle, sous des latitudes différentes : en Espagne pendant la guerre civile, en Chine à l’époque de la Révolution Culturelle, en Colombie au début du conflit armé entre les guérillas marxistes et le gouvernement en place. L’auteur retrace avec brio le destin des parents de Sergio Cabrera, obligés de fuir l’Espagne suite à la défaite du camp républicain. Fausto, le père de Sergio, entraine alors sa famille dans un périple où l’engagement et la foi en la Révolution prennent toute la place. Une partie importante du roman est consacrée aux années chinoises. Elle est passionnante. En pleine Révolution Culturelle, la famille Cabrera se retrouve à Pékin. Ils vivent à l’hôtel de l’Amitié, destiné aux expatriés. La fascination exercée par Mao et son petit Livre Rouge est à son comble. Les Cabrera sont persuadés d’être au bon endroit, au coeur de la révolution prolétarienne. Fausto et sa femme retournent en Colombie pour travailler à l’expansion de cette révolution. Ils laissent derrière eux leurs deux enfants adolescents, qui deviennent ouvriers d’usine, s’initient au maniement des armes… On a du mal à y croire, mais les choses se sont réellement passées ainsi.

Le retour en Colombie des deux enfants, devenus jeunes adultes, est conditionné à l’entrée en guérilla. Là encore, le lecteur que je suis a été assez éberlué par la rudesse qu’implique cet engagement où les états d’âmes ont peu de place. Nous pénétrons avec Sergio et sa soeur au coeur de la jungle, lieu hautement inhospitalier…

Juan Gabriel Vasquez signe un livre fort, haletant. Il met ses talents de conteur au service d’une histoire tirées de faits réels. Plusieurs photos illustrent les années passées en Chine par exemple. La réalité dépasse la fiction. Ce livre en donne encore une fois la preuve.

D’autres livres de cet auteur :