
Film de Jane Campion
Avec Abbie Cornish, Ben Whishaw, Kerry Fox, Paul Schneider
Date de sortie en France : 6 janvier 2010
En attendant la tant espérée, mais encore hypothétique, réouverture des salles de cinéma, je découvre ou redécouvre, en DVD, des films réalisés par de grands noms du cinéma : Cassavetes, Allen, Capra, De Palma, Kubrick… Le cinéma à la maison, c’est sans doute mieux que rien même si la beauté des plans est sûrement rendue moins éclatante sur petit écran.
Le film de Jane Campion « Bright Star » fait partie de ces films qui nous rendent nostalgiques de l’expérience irremplaçable que constitue le visionnage d’un film dans une salle obscure. Ce long-métrage est en effet un joyau visuel. Chaque plan est d’une beauté éblouissante : les décors et les costumes sont incroyablement soignés, la nature est belle et magnifiquement mise en valeur. Délicatesse et poésie sont les mots qui caractérisent le travail formel de la réalisatrice qui nous raconte une histoire d’amour fulgurante et romanesque dans l’Angleterre du début du XIXème siècle.
Nous sommes à Hampstead, tout près de Londres. Dans cet endroit bucolique, un tout jeune écrivain s’installe dans une dépendance de la maison des Brawne et tente de produire les vers qui pourraient lui assurer le succès. Ce jeune homme est encore inconnu, il s’agit de John Keats que la postérité reconnaitra comme l’un des plus importants poètes de langue anglaise. Lors de cette résidence, il côtoie les membres de la famille Brawne. Fanny est l’ainée des trois enfants. Elle est passionnée de couture, aime les belles toilettes. Ses goûts sont affirmés et elle n’a pas peur de paraître excentrique. Un lien se crée entre les deux protagonistes. Tout en douceur, sans précipitation… Jane Campion sait magnifiquement filmer l’éclosion de l’amour entre les deux personnages, la naissance d’un attachement profond. Elle rend palpable la beauté et la simplicité du sentiment amoureux. Le jeune couple affronte aussi des difficultés : le manque de ressources financières du jeune écrivain se fait cruellement sentir, les problèmes de santé font leur apparition.
La création artistique est au coeur du film. Inspiré par l’amour que lui porte Fanny, par la nature sublime qui l’entoure, John Keats produit les vers qui feront sa renommée. La carrière de ce poète a été courte puisqu’il meurt à 25 ans. Le charme du film tient à ce sentiment d’urgence qui le parcourt du début à la fin : créer envers et contre tous, avant qu’il ne soit trop tard.










Dans cet ouvrage, l’auteur a voulu célébrer ses deux mères : l’esseulée et la vaillante, l’étouffée et la valeureuse, la jetée-dans-la-fosse et la toute-donnée.