
Deux lectures qui bousculent, qui interpellent, qui alertent… « Humus » de Gaspard Koenig et « Cabane » d’Abel Quentin sont deux excellents romans qui se dévorent, romanesques à souhait avec des personnages marquants et attachants. On peut aussi les voir comme deux brûlots qui mettent le lecteur dans une forme d’inconfort… Après la lecture, difficile de ne pas se poser cette question : est-il encore possible aujourd’hui de s’illusionner sur les graves dangers qui menacent la planète ?
Gaspard Koenig nous parle d’écologie et d’agriculture. Et de vers de terre. Arthur et Kévin se rencontrent pendant leurs études supérieures à Agro ParisTech, le fleuron des écoles d’agronomie. Ils sont tous les deux au fait de la nécessité de changer les modes de production agricoles, notamment pour préserver les sols. Les vers de terre les passionnent et représentent pour eux une solution d’avenir. Chacun à sa manière, les deux hommes vont tenter de mettre leurs actes en accord avec leur convictions…
Dans « Cabane », l’auteur évoque un moment-clé d’histoire de l’écologie politique, la publication dans les années 70 d’un rapport sur les limites de la croissance (rebaptisé Rapport 21 par Abel Quentin). L’auteur imagine le destin des quatre scientifiques auteurs du rapport (deux américains, un français, un norvégien), marqués à vie par les sombres perspectives qu’ils avaient, avant tout le monde, mises au jour. De façon assez brillante, le roman permet de faire un retour sur cinquante années d’aveuglement sur la nécessité de prendre en compte la finitude des ressources en énergie fossile.
Gaspard Koenig et Abel Quentin savent mener une histoire tambour battant au service d’une prise de conscience (si elle est encore nécessaire). Ils s’appuient sur des faits et une riche documentation tout en réussissant à captiver le lecteur. Bravo à eux !
