
Les éditions P.O.L font paraître un livre en cette rentrée littéraire 2024 dont la lecture restera longtemps gravée dans ma mémoire. « Si peu » (« Tanto poco ») est le titre français de ce roman italien que j’ai trouvé magistral. Marco Lodoli, en moins de 150 pages, met le lecteur dans la peau et dans dans le coeur d’une femme éperdument amoureuse. C’est un amour qui n’est pas payé de retour, à sens unique. Impossible. Imaginaire ?
Tout se passe à Rome. Un jeune professeur est nommé dans une école. Il est accueilli par la concierge de l’établissement qui le prend pour un élève… L’ambiguïté est, dès le départ au coeur, de leur lien. Cette femme va nourrir une passion secrète pour cet homme qu’elle côtoie pendant des décennies. Un amour pur, selon elle, qu’elle assume jusqu’au bout.
La lecture de cette histoire est parfois dérangeante mais en même temps très touchante. Cette femme amoureuse nous émeut car elle décrit l’évidence de son attachement avec beaucoup de force. Elle aime, semble t-il, sans rien attendre en retour. Elle veille de loin sur « son homme », veut le protéger, croit se sentir indispensable. Le comportement de cette femme est mystérieux, incompréhensible peut-être. L’amour fou, par définition, est-il compréhensible ? Rentre-il dans un cadre ? « Si peu » est en tout cas un très beau récit, le condensé d’une vie peu commune.
« Mais moi, j’ai toujours été au même endroit, immobile, racine piquée dans une dévotion qui est peut-être de l’amour ou peut-être simplement de la peur. »

