Le Dibbouk. Fantôme du monde disparu

Jusqu’au 26 janvier à Paris, une passionnante exposition nous permet d’en savoir plus sur la culture yiddish. « Le Dibbouk. Fantôme du monde disparu » évoque le succès d’une pièce de théâtre écrite par un dénommé An-Ski en 1917. L’auteur, qui était aussi journaliste et ethnographe, s’est rendu pendant plusieurs mois aux confins de la Russie et de l’Ukraine dans plusieurs villages (schtetl en yiddish) pour étudier le folklore juif et les vieilles croyances. L’aboutissement de ces recherches a été la rédaction de la pièce qui devint un classique de la culture juive.

Le Dibbouk désigne un esprit (ou un démon) qui pénètre le corps d’un vivant et lui reste attaché. Dans la pièce, c’est l’âme d’un jeune homme, Hanan, qui vient hanter le corps de sa promise, Léa. La pièce est une sorte de Roméo et Juliette yiddish qui reprend donc le thème de l’amour impossible.

Au théâtre, la pièce fut, dès le départ placée, sous de bons auspices. An-Ski rencontre Constantin Stanislavski à Moscou. La pièce est jouée en yiddish pendant plusieurs années en Russie et fait ensuite l’objet d’une tournée à travers le monde. En France, c’est Gaston Baty qui propose une mise en scène dans les années 30 à Paris.

Les affiches de spectacles, les programmes, les photos des comédiens et comédiennes jouant sur scène abondent dans les différentes salles de l’exposition. C’est une plongée dans l’univers de la pièce qui connut une postérité incroyable. Pour qui s’intéresse au théâtre, l’exposition est un régal.

Après la Deuxième Guerre Mondiale et la Shoah, l’intérêt pour le Dibbouk prend une autre dimension. Le monde Yiddish a été ravagé. L’exposition met en avant les nombreuses adaptations (au cinéma, à l’opéra, à la télévision) dont fut l’objet cette pièce. Le célèbre réalisateur Sidney Lumet propose ainsi dans les années 60 une version télévisée du Dibbouk. C’est l’un des aspects intéressants de cette exposition que de proposer des documents visuels et sonores en plus des œuvres picturales et des documents écrits.

« Le Dibbouk. Fantôme du monde disparu » jusqu’au 26 janvier au MAHJ.

4 commentaires sur “Le Dibbouk. Fantôme du monde disparu

Laisser un commentaire