
Les Editons du sous-sol font paraître en cette rentrée littéraire 2026 le merveilleux roman de l’écrivain japonais Masashi Matsuie (paru pour la première fois au Japon en 2012) dont la plume sensible et délicate ravira les lecteurs français passionnés de culture nippone et d’architecture.
En effet, « La maison d’été » traite d’un sujet qui, me semble t-il, est peu traité en littérature, celui du quotidien d’un cabinet d’architecture. Ce cabinet, basé à Tokyo, est dirigé depuis de nombreuses années par Shunsuke Murai, disciple du célèbre architecte américain Frank Lloyd Wright. Tous les étés, Murai a pris l’habitude de réunir son équipe dans sa maison secondaire située à quelques heures de voiture de Tokyo, près du célèbre Mont Asama. Cette transhumance annuelle permet aux différents projets du cabinet d’avancer dans de bonnes conditions, loin de la canicule qui sévit dans la capitale.
Ce sont par les yeux de Töru, un jeune homme nouvellement recruté, que nous découvrons cette fameuse maison d’été dans laquelle s’organise la petite communauté d’architectes. Tous les efforts de l’équipe sont tournés vers un projet de concours auquel le maître a décidé de participer, la création d’une bibliothèque nationale. Au fil des séances de travail dans la « salle de conception » spécialement aménagée, le projet prend forme. La bibliothèque est aussi au coeur de toutes les discussions en dehors des heures de travail, lors des repas par exemple ou à l’occasion d’échanges plus intimes. C’est aussi de l’avenir du cabinet dont il est question…
Le charme du roman est indéniable car il parle autant d’architecture que du quotidien d’un groupe d’individus réuni autour d’un projet commun. Les relations entre les différents personnages sont touchantes. Le maître est respecté et lui-même semble avoir beaucoup d’affection pour les personnes qu’il a réunies autour de lui. L’omniprésence de la nature est aussi très marquante. En été, elle resplendit. Les oiseaux et les cigales s’en donnent à coeur joie. Quant au volcan tout proche, il fascine autant qu’il inquiète. Au final, « La maison d’été » offre une magnifique réflexion sur le temps qui passe et sur le besoin de transmission.