Cinéma 2023 : mon top 10

J’ai raté beaucoup, beaucoup de films cette année. J’ai consacré avec bonheur du temps au théâtre, on ne peut pas tout faire ! Malgré tout, voici mon top 10 :

1) Fermer les yeux de Victor Erice

2) Les herbes sèches de Nuri Bilge Ceylan

3) Past lives – Nos vies d’avant de Celine Song

4) The Fabelmans de Steven Spielberg

5) Le garçon et le héron de Hayao Miyazaki

6) Sur l’Adamant de Nicolas Philibert

7) Le procès Goldman de Cédric Kahn

8) The Quiet Girl de Colm Bairéad

9) Anatomie d’une chute de Justine Triet

10) La voie royale de Frédéric Mermoud

Et vous, vos coup de coeur ?!

Lectures de l’Est…

« Kafka. Le temps de la connaissance », par Reiner Stach, aux éditions du Cherche Midi

« La valse aux adieux », par Milan Kundera, aux éditions Folio

« Le Docteur Jivago », par Boris Pasternak, aux éditions Gallimard

En cette fin d’année 2023, mon regard est résolument tourné vers l’est ! Kafka, Kundera, Pasternak sont trois auteurs prodigieux qui aident à mieux comprendre les mystères de l’âme humaine et permettent, aux occidentaux que nous sommes, de cerner ce qui fait la spécificité des peuples d’Europe de l’Est.

J’ai déjà parlé ici du premier tome de la biographie monumentale de Franz Kafka rédigée par l’auteur allemand Reiner Stach. Vient de paraître le deuxième opus et je me suis empressé de me le procurer. J’ai hâte de découvrir la suite de ce travail minutieux et passionné, véritable coup de maître qui se lit comme un roman. Ce sont les années 1915-1924 qui sont traitées dans ce deuxième tome. Kafka poursuit son oeuvre exigeante, sans se ménager. Naissent « Le château », « Lettre au père », sa correspondance avec Milena…

De Kundera, j’avais le souvenir ébloui de la lecture de « L’insoutenable légèreté de l’être ». Tout m’avait plu dans ce roman qui mêle habilement histoire intime et histoire politique. Le style de l’auteur avait réussi à toucher quelque chose de profond en moi. Dans la « La valse aux adieux », on retrouve cette étrangeté, ce mystère qui rendent cet auteur si unique. Je ne suis pas sûr d’avoir forcément tout compris mais ce n’est pas grave. Kundera fait partie de ces auteurs qui méritent qu’on relise leurs oeuvres. Il est question dans ce livre de vie, de mort, de désir, de rejet… Et de tant d’autres choses.

« Le docteur Jivago » de Boris Pasternak bénéficie d’une nouvelle traduction aux éditions Gallimard. Je m’y suis plongé avec délices. C’est romanesque à souhait, haletant, poignant… L’histoire de la Russie est en toile de fond : les dernières années du tsarisme, les soubresauts des révolutions de 1905 et de 1917… Le docteur Jivago est un personnage attachant. On le voit grandir, aimer, s’engager. Pour les amoureux de la Russie et de sa littérature, ce livre est indispensable !

Bonnes lectures à vous, lectrices et lecteurs de ce blog qui avez la gentillesse de me suivre.

Et à bientôt, en 2024.

Triste tigre, Le coût de la vie, Shy

Triste tigre, Neige Sinno, Editions P.O.L

Le coût de la vie, Deborah Levy, Editions du sous-sol

Shy, Max Porter, Editions du sous-sol

Difficile de mettre des mots sur le choc ressenti à la lecture de « Triste tigre » de Neige Sinno. Que dire à part l’admiration que l’on éprouve à découvrir ligne après ligne le courage de cette femme qui tente de comprendre l’incompréhensible : l’inceste. Pendant des années, son beau-père l’a violée, entre ses 7 et ses 14 ans. Que se passe t-il dans la tête d’un bourreau ? Question vertigineuse à laquelle Neige Sinno s’attaque. Elle veut éclaircir la part d’obscurité qui habite cet homme. Dans le même mouvement, ce sont ses propres blessures qu’elle regarde avec lucidité. Etre violé enfant, c’est être abimé pour la vie, lutter chaque jour pour sa survie, son équilibre, combattre coûte que coûte ses propres démons… « Triste tigre » est un livre qui fera date. Neige Sinno en redoute le succès. Elle ne souhaite être un témoignage de plus. Mais ce n’en est pas un. C’est une véritable réflexion quasi philosophique sur le mal.

La trilogie autobiographique de Deborah Levy est un vrai régal ! J’en suis au deuxième opus (après celui intitulé « Ce que je ne veux pas savoir » à la couverture bleue). Dans « Le coût de la vie », elle évoque la difficile phase de reconstruction qui succède au divorce. La cinquantaine passée, elle se sépare en effet de son mari, aménage un nouvel appartement dans le nord de Londres, découvre, en compagnie de ses deux filles, la vie de mère célibataire. Tout cela n’est pas facile surtout quand son travail consiste à écrire pour vivre. Elle a la chance de se voir offrir par des amis un cabanon au fond d’un jardin. C’est là qu’elle va pouvoir trouver le calme et l’énergie nécessaire à la poursuite de son oeuvre. Le style de Deborah Levy est un enchantement. C’est drôle, fin, astucieux. Elle mêle sans cesse passé et présent, cite de nombreux auteurs et autrices comme Marguerite Duras, Albert Camus, Doris Lessing, Emily Dickinson, Simone de Beauvoir, James Baldwin… Elle capte quelque chose de l’ère du temps entre gravité et légèreté.

« Shy » est un livre assez hors-norme. L’écriture est fragmentée, la chronologie bousculée… Cette forme étrange et parfois dérangeante donne une grande force au propos. Shy est un garçon en souffrance. Il est pensionnaire dans une école de la « dernière chance » qui accueille des adolescents en rupture avec l’école, avec la société. Une équipe d’éducateurs dévoués est présente pour les aider, pour tenter de canaliser leur colère, de leur faire entrevoir un avenir possible. Mais rien n’est simple. Aux joies simples de la vie en communauté succèdent sans prévenir des colères noires, des moments de désespoir où tout semble fichu… Shy s’intéresse à la musique, c’est sa planche de salut. Mais les relations difficiles avec sa mère et son beau-père, les premières histoires d’amour bancales le fragilisent… Le livre est traversé par une tension permanente. C’est électrique comme peuvent l’être les réactions d’un ado perdu qui ne sait où trouver l’apaisement. Très beau livre à découvrir !

Chantiers, je

Quelle actrice touchante que Dominique Blanc. Dans un beau livre d’entretiens avec trois professeurs de lycée en charge de classes théâtre, elle nous parle de la passion du jeu et des auteurs qui l’anime depuis des années. Elle se décrit comme autodidacte car elle n’a jamais intégré les écoles de théâtre dont elle rêvait dans sa jeunesse. Sa vie d’actrice est faite de rencontres qui lui ont permis de travailler sur ce qu’elle nomme joliment des « chantiers ». Ces chantiers furent exigeants, exaltants, nourrissants. Ils nécessitèrent aussi une grande discipline mais il semble bien que Dominique Blanc était faite pour cette ascèse, cet abandon (parfois douloureux). Son travail lui a valu la reconnaissance de ses pairs et du public. Pourtant, le doute, les angoisses parfois pétrifiantes demeurent, même encore aujourd’hui à la Comédie-Française où elle est devenue pensionnaire puis sociétaire (en 2021).

C’est véritablement passionnant de lire ces entretiens dans lesquels l’actrice porte un regard rétrospectif sur les aventures professionnelles qu’elle a eu la chance de vivre. Elle évoque ainsi successivement trois rôles majeurs qui ont marqué son chemin (et non carrière) de comédienne : Suzanne dans « Le Mariage de Figaro » (mise en scène de Jean-Pierre Vincent), Phèdre de Racine (mise en scène de Patrice Chéreau) et enfin six rôles différents dans « Angels in America », projet fou porté par Arnaud Desplechin. Trois metteurs en scène, trois moments de vie très différents mais dans lesquels Dominique Blanc s’est épanouie, affirmée, construite aussi sans doute. Remettre à chaque fois le travail sur le métier, lutter contre les incertitudes, prendre sa place dans une équipe à chaque fois renouvelée… Tels sont quelques uns des défis auxquels tout acteur et toute actrice doit se confronter quand il veut mettre le jeu au coeur de son existence. Dominique Blanc, avec des mots choisis, avec pudeur, nous fait entrevoir ce qui fait la beauté de ce métier si particulier. Bravo à elle, pour tout.

Fermer les yeux

Film de Victor Erice

Avec Manolo Solo, José Coronado, Ana Torrent…

Date de sortie en France : 16 août 2023

Fermer les yeux (« Cerrar los ojos ») pour observer ce qui se passe dans notre intériorité, pour mieux le ressentir. Ou fermer les yeux pour échapper à une réalité qui nous est insupportable, se replier en nous-même ?

Les personnages du nouveau film de Victor Erice possèdent tous une part de mystère. Le réalisateur prend grand soin à ne pas tout révéler des failles et trous noirs de leur vie respective. Miguel Garay est un réalisateur de cinéma fatigué et solitaire qui semble avoir abandonné ses ambitions artistiques. Julio Arenas, acteur célèbre, a disparu sans laisser de traces il y a plus de vingt ans en abandonnant le tournage du film de son ami Miguel. Ana Arenas n’a plus de nouvelles de ce père disparu, fantomatique. Les yeux de ces êtres blessés disent tellement de leurs peines intimes…

Le film est hypnotisant, passionnant. La mémoire, le souvenir, la fiction, le deuil… Autant de sujets abordés avec beaucoup de délicatesse et de tendresse. Victor Erice fait aussi une immense déclaration d’amour au 7ème art. A plus de 80 ans, sa passion semble intacte. J’ai particulièrement été sensible au fait qu’il offre un rôle à Ana Torrent, avec qui il avait déjà travaillé dans les années 70 dans « L’esprit de la ruche ». Ana Torrent est aussi connue pour son rôle inoubliable dans « Cría cuervos » de Carlos Saura (qui est un film culte pour moi). La revoir aujourd’hui adulte mais toujours avec le même regard enfantin est vraiment émouvant.

Mon coup de coeur de l’année 2023, pour le moment !

Yannick / Anatomie d’une chute

Deux films font l’événement en ce moment dans les salles : « Yannick » de Quentin Dupieux et « Anatomie d’une chute » de Justine Triet. Les spectateurs sont au rendez-vous. Cela fait plaisir de voir deux films français, qu’on peut classer comme des films d’auteur, faire autant d’entrées. J’ai trouvé pour ma part qu’il s’agit effectivement là de deux oeuvres audacieuses et surprenantes. Je ne me suis pas ennuyé une seconde. Pourtant, quelque chose m’a manqué, ou parfois même agacé. Cela m’a empêché d’adhérer complètement à ces deux réalisations.

Dans ces deux films, les actrices et acteurs sont magnifiques. Sandra Hüller dans « Anatomie d’une chute » impressionne par sa présence, son mystère. Dans « Yannick », c’est l’acteur Raphaël Quenard, peu connu encore du grand public, qui rafle tous les suffrages. Il est vraiment irrésistible. Rien à dire, donc, sur l’interprétation. Quand au dispositif mis en place par les deux réalisateurs, il est aussi intéressant. D’ailleurs, un point commun entre ces deux films se dégage : il s’agit à chaque fois de filmer une sorte de huis-clos. Dans « Yannick » il a lieu dans un théâtre où un spectateur (Yannick joué par Raphaël Quenard) prend en otage le public et les acteurs en plein milieu d’une représentation. Dans le film de Justine Triet, nous sommes dans un tribunal et assistons à un procès, celui de Sandra (jouée par Sandra Hüller) soupçonnée d’avoir tué son mari. C’est à chaque fois prenant, et même passionnant. Les deux films installent un réel suspense qui tient en haleine le spectateur.

Pourquoi émettre alors des réserves ? Là où le bât blesse pour moi, c’est au niveau du scénario. Dans « Yannick », la réaction des acteurs et actrices, face à l’intrusion de Yannick, me semblent très caricaturale, excessivement méprisante. De même, il me semble que le réalisateur manque sa cible quand il se moque de façon aussi grossière du milieu théâtral en ciblant le théâtre de boulevard… Quant au film de Triet, les choses auraient sans doute pu être plus touchantes encore si le film avait été moins cérébral. Il est difficile de vraiment s’identifier au couple qui nous est présenté. Je n’ai, par ailleurs, pas été très convaincu par certains rebondissements…

Et vous, quel est votre ressenti ?

Françoise Pétrovitch. Aimer. Rompre

Dans le très joli Musée de la Vie romantique de Paris est exposé jusqu’au 10 septembre 2023 le travail de Françoise Pétrovitch. Elle a conçu spécialement pour le musée une quarantaine d’oeuvres inédites (peintures, dessins, sculpures). « Aimer. Rompre » est le titre donné à cette exposition qui investit les différents espaces du musée en s’y intégrant à merveille.

Une vidéo d’une quinzaine de minutes, dès le début de l’exposition, permet au visiteur de mieux connaître cette artiste plasticienne et de l’observer dans son travail. C’est vraiment très intéressant de voir Françoise Pétrovitch manier son pinceau imbibé d’encre ou de peinture, de la regarder construire ses toiles. L’écouter aussi parler de ses sources d’inspiration. Elle évoque le thème de l’île et évoque celle sur laquelle Jean-Jacques Rousseau, précurseur du Romantisme, fut inhumé à Ermenonville. Plusieurs toiles représentent cette île, ce monde à part, entre deux eaux… Son travail parle aussi des liens entre les êtres. Les liens créés à l’adolescence sont ceux qui l’inspirent particulièrement. Période charnière, entre-deux, l’adolescence est faite de rencontres, de rapprochements, d’éloignements… J’ai trouvé ces toiles, réalisées en très grand format, particulièrement émouvantes. Pratiquement tous les personnages représentés , filles, garçons, ferment les yeux. On a cette impression diffuse d’avoir accès à leur intériorité.

J’ai été vraiment charmé par cette exposition. Françoise Pétrovitch est une artiste que je ne connaissais pas mais dont le travail a touché quelque chose de profond en moi. Les mystères de la création artistique…

Le site du musée : Françoise Pétrovitch. Aimer. Rompre

Kafka, Tome 1 : Le temps des décisions

Impossible, sur ce blog, de ne pas évoquer la formidable biographie de Franz Kafka écrite par l’auteur allemand Reiner Stach (et traduite en français par Régis Quatresous). Des années de travail, sans doute acharné, ont abouti à un texte dense (de plus de 800 pages) qui ne couvre qu’une petite partie de la vie de l’auteur tchèque (1910-1916). Un deuxième tome est prévu et sortira en fin d’année. C’est passionnant de bout en bout, impressionnant. Troublant aussi tant Franz Kafka était un être singulier.

Dans l’introduction, Reiner Stach prend soin d’évoquer les difficultés inhérentes à la rédaction d’une biographie. Est-il possible de percer l’énigme que recèle en lui chaque être humain ? « L’empathie calme la douleur de ne pas savoir » écrit-il. Pour l’auteur effet, l’empathie est le sésame du biographe. Une biographie doit donner à ressentir et à comprendre. Quelle était la personnalité de Kafka, dans quel milieu évoluait-il, par quels faits son époque a t-elle été marquée et dans quelle mesure ont-ils eu un impact sur l’écrivain ? La biographie repose aussi évidemment sur des sources, un savoir, des connaissances. Certains moments de son existence sont mieux connus que d’autres. La volumineuse correspondance de Kafka est, de ce point de vue, une mine incroyable d’informations. Reiner Stach la cite abondamment (notamment celle qu’entretient Kafka avec Felice Bauer, la femme qu’il a voulu épouser).

Le travail réalisé témoigne d’un amour profond pour l’auteur et son oeuvre. La reconstitution proposée est vivante, magnifiquement construite, écrite avec style. Le défi de rendre intelligibles les forces et les faiblesses de Kafka (son indécision chronique par exemple), ainsi que les enjeux psychiques complexes qui sous-tendent tous ces textes, est largement relevé. C’est en allant dans les profondeurs de son être que Kafka a tenté de débusquer la vérité et de la traduire en mots.

Kafka est considéré comme un génie de la littérature. Lui-même a pourtant passé un temps infini à s’auto-flageller, à considérer sa personne et son travail comme dérisoires, inutiles, inintéressants. Ecrire était toutefois sa planche de salut, sa raison d’être, il en avait conscience. Son perfectionnisme, son haut degré d’exigence avec lui-même ont été sources de beaucoup de souffrances (son journal et ses lettres en témoignent avec force), mais c’est le chemin qu’il a du prendre pour trouver sa place dans le monde.

Cette biographie m’a donné très envie de me plonger dans son oeuvre que je ne connais pas encore : « Le Procès » , « La Métamorphose » , « Le Verdict » … J’ai hâte de découvrir, plus d’un siècle après leur rédaction, ces écrits, fruits de tant de tourments, qui ont laissé une trace très forte dans l’esprit de si nombreux lecteurs à travers le monde.

Rentrée littéraire 2023 : quelques idées…

La rentrée littéraire approche… J’ai repéré quelques titres qui attisent ma curiosité. J’ai surtout envie de découvrir le nouvel opus des auteurs et autrices qui m’ont donné de très belles émotions ces dernières années.

Les dernières parutions de Pierric Bailly (« Le roman de Jim »), d’Antoine Wauters (« Mahmoud ou la montée des eaux »), de Sylvain Prudhomme (« Les orages » ), d’Emmanuelle Bayamack-Tam (« Il est des hommes qui se perdront toujours » ), de Maggie O’Farrell (« Hamnet » ) ou de Louise Erdrich m’avaient vraiment enthousiasmé. J’ai donc hâte de voir ce qui les a inspiré ces derniers mois. Ils font paraître respectivement « La foudre », « Le plus court chemin », « L’enfant dans le taxi », « Autopsie mondiale », « Le Portrait de mariage », « La sentence ».

J’ai aussi hâte de relire un auteur chinois, Yu Hua, qui m’avait impressionné avec le livre « Brothers » (paru en 2008). Son nouveau livre s’appelle « La ville introuvable ».

Je ne connais pas encore la plume de Nathacha Appanah qui parle de son pays natal, l’île Maurice, dans tous ses livres. Elle l’évoque à nouveau dans « La mémoire délavée ». Claire Berest est aussi une autrice que j’ai envie de découvrir. Son nouveau livre « L’épaisseur d’un cheveu » aborde la thématique des violences conjugales. Enfin, j’ai entendu beaucoup de bien de Dimitri Rouchon-Bori. Son livre « Le démon de la colline au loups », paru en 2021, a marqué de nombreux lecteurs. Il fait paraître « Le chien des étoiles ».

Lectures estivales 2023

Un programme éclectique pour mon été 2023. J’espère avoir le temps de me plonger dans toutes ces histoires…

Philip Roth est l’un de mes écrivains préférés. Sa folie, son irrévérence, son goût de la provocation s’accordent parfaitement au style vif et rageur qu’il utilise dans tous ses livres. « Professeur de désir » (paru en 1977) est, comme à l’accoutumée, un tour de force littéraire. Le couple, l’amour, la libido sont quelques uns des thèmes qu’il aborde avec son ironie habituelle mais aussi avec une vraie sincérité, sans pudibonderie aucune. L’ombre de Tchekhov plane sur ce roman et c’est une belle surprise pour le lecteur…

Plongé depuis plusieurs semaines dans l’œuvre dramatique du grand auteur russe, j’ai hâte de découvrir sa nouvelle intitulée « Ma vie. Récit d’un provincial ». La quatrième de couverture présente les choses ainsi :  » A vingt-cinq ans, Missaïl perd pour la dixième fois la petite place d’employé de bureau dans laquelle il végétait. Affligé d’une inaptitude chronique à prendre au sérieux la stricte observation des convenances et de la hiérarchie sociale qui régit la petite ville où il est né, il cherche avec une parfaite bonne foi une façon de vivre qui ne lui donnerait pas en permanence l’impression d’étouffer  » . Tchekhov n’a pas écrit que du théâtre. « La Mouette », « Oncle Vania », « La Cerisaie » font sa renommé de nos jours mais il a aussi produit une très importante oeuvre littéraire sous la forme de nouvelles. « La steppe » est sans doute l’une des plus connues.

L’amour est au centre du livre « Giocanda » de Nikos Kokantzis. L’histoire se déroule en Grèce pendant la Seconde Guerre Mondiale. Je suis curieux de découvrir l’oeuvre de cet auteur car j’ai très peu lu de littérature grecque.

Je reviens toujours à Murakami. Cette fois-ci par ses nouvelles et un recueil intitulé « Première personne du singulier ». Ici aussi il est question de rencontres, d’amour charnel mais aussi de jazz, de base-ball. Dans l’univers de cet auteur, tout est possible, comme le fait qu’un singe soit doué de parole… Huit nouvelles qui vont sûrement me rappeler des souvenirs. J’ai tant aimé ses romans (L’incolore Tsukuru, Chroniques de l’oiseau à ressort, Kafka sur le rivage, La ballade de l’impossible…).

Et vous, quel est le programme ?